Traitement hormonal du cancer du sein par tamoxifène

Qu’est-ce que le tamoxifène ?

Le tamoxifène est un « anti-oestrogène », qui se prend en comprimé. La dose habituelle est de 20 mg/j. Le tamoxifène est utilisé pour bloquer l’action des oestrogènes sur les cellules mammaires qui contiennent des récepteurs.

Existe-t-il des risques à la prise de tamoxifène ?

Le tamoxifène peut favoriser des troubles thromboemboliques veineux : cet effet est du même ordre que celui produit par les oestrogènes. Pour cette raison, il est contre-indiqué chez les femmes qui présentent une prédisposition à ces troubles ou, qui ont déjà eu des phlébites ou des embolies pulmonaires. On recommande aussi aux femmes d’arrêter transitoirement leur traitement lorsqu’elles sont dans des circonstances qui favorisent les phlébites (plâtre ou alitement prolongé). Le tamoxifène augmente le risque de cancer de l’endomètre (le tissu qui tapisse l’intérieur de l’utérus). Toutefois, ce risque est très faible de l’ordre de 1.6 pour 1 000 femmes et par an. L’apparition de saignements gynécologiques doit vous conduire à aller consulter votre médecin. Le tamoxifène peut augmenter le taux de certains lipides. En cas d’hypertriglycéridémie, il faudra surveiller régulièrement votre bilan lipidique. Rarement enfin, peuvent survenir des troubles visuels justifiant un bilan ophtalmologique. Comme tout traitement, le tamoxifène a donc des bénéfices et des risques. Ce composé est actuellement très largement prescrit dans le monde chez les femmes ayant un cancer du sein, car les médecins considèrent que le bénéfice à prendre un traitement par le tamoxifène est bien supérieur à ses inconvénients, à condition d’en respecter les contre-indications et les précautions d’emploi.

Quels sont les effets secondaires du tamoxifène ?

Chez certaines femmes, qu’elles soient ménopausées ou non, le tamoxifène peut favoriser la survenue de bouffées de chaleur et de sueurs nocturnes. Des traitements permettant de réduire ces effets pourront vous être proposés. Le tamoxifène peut provoquer des sécrétions vaginales et, chez certaines femmes, des sensations de démangeaisons. En revanche, il existe rarement une sècheresse vaginale. Le tamoxifène peut également être responsable de douleurs musculaires (myalgies). Certaines femmes peuvent prendre 2 à 3 kgs sous tamoxifène : une précaution simple pour éviter cet inconvénient consiste à être très attentive à son alimentation pendant les 2 à 3 premiers mois du traitement. Enfin, le tamoxifène peut entraîner des nausées au début du traitement : il est alors utile de fractionner les prises en deux (10 mg matin et soir).

Quels sont les effets du tamoxifène sur le plan gynécologique ?

Le tamoxifène stimule les ovaires. Il est donc très important d’adjoindre au tamoxifène une contraception non hormonale efficace (contraception locale : préservatif, stérilet) : une grossesse n’est en effet pas conseillée dans les suites immédiates d’un cancer du sein. Par ailleurs, la stimulation des ovaires peut induire des kystes ovariens et une sécrétion anormalement élevée d’œstrogènes. Peuvent s’ensuivre des douleurs du bas ventre, une tension mammaire ou des troubles des règles. Ces troubles ne sont pas graves s’ils sont dépistés tôt : on peut alors proposer un blocage des ovaires pendant quelques mois, qui suffit à faire régresser les kystes, et diminuer la sécrétion d’estrogènes.

Quelles sont les précautions à prendre avant de commencer un traitement par tamoxifène ?

Il faut effectuer un examen gynécologique complet chez son gynécologue, et un frottis cervico-vaginal (sicelui-ci n’est pas récent). Il est utile d’effectuer un examen appelé échographie pelvienne pour apprécier l’aspect de l’utérus et des ovaires, et avoir un examen de « référence ». Enfin on effectue parfois un dosage sanguin des hormones ovariennes (l’estradiol) et hypophysaire (la FSH) afin d’apprécier l’état hormonal : ceci est particulièrement utile après une chimiothérapie, qui altère le fonctionnement des ovaires. Dans certains cas, pendant ou après une chimiothérapie, les règles peuvent s’arrêter pendant plusieurs mois. Dans le doute, et surtout si un traitement par tamoxifène est instauré, il faut absolument avoir une contraception, puisque le tamoxifène peut favoriser les ovulations. Il est conseillé de revoir son gynécologue pour discuter de la contraception à mettre en place.

En quoi consiste la surveillance gynécologique sous tamoxifène ?

Sous tamoxifène, certaines femmes gardent des cycles réguliers, d’autres vont avoir, de temps à autre, des épisodes de règles un peu « imprévisibles ». Enfin certaines peuvent continuer à être non réglées (en général les règles se sont arrêtées au cours ou au décours de la chimiothérapie). Il ne faut pas hésiter à consulter le gynécologue pour tout symptôme gynécologique anormal, en lien avecles médecins de votre centre de soins.

Autre hormonothérapie : analogue de la LH-RH

Il s’agit d’un composé injectable qui va bloquer l’action des ovaires et interrompre vos règles durant le temps du traitement. Il est prescrit sous forme d’injections intra musculaires tous les mois ou tous les 3 mois. Des règles abondantes peuvent survenir quelques jours après la première injection. Ensuite, les règles disparaissent : de façon schématique, il s’agit d’un état de « ménopause transitoire ». Les règles reviennent ensuite quand le traitement est arrêté

Auteur :

Source : Institut Curie